28 août 1853
J’ai fuit trop de souvenirs
Me hantaient, et me hantent encore
Chaque jour, chaque nuit
Saigne la roche
L’île maudite
D’un frère perdu sur un rivage
Je ne pouvais rester
Trop lourd est le passé
Trop lourd sont mes remords, mes regrets
Trop lourd est la tristesse du visage de mon frère
Bryésis m’a suivit
M’a suivit jusqu’au bout de la nuit
Jusque dans mon lit
Allongée
A demi nue
Parée d’un drap de soie noir
Je me suis approchée d’elle
— Si belle tu es. Bryésis, je t’aime.
J’ai écarté le drap aux couleurs de jais
Tout proche d’elle
Je sens son souffle, sa voix qui sussurre
J’entends son cœur exploser, frissonner de désir
Elle soupire
Ma main caresse le duvet de son ventre
De son cou, de sa bouche,
De ses lèvres chaudes et humides
Je ne me souviens plus quel était ce plaisir
Ce plaisir que les humains trouvent irrésistible
Blanche comme la lune au plus clair de la nuit
Bryésis brille d’un éclat de glace
— Tu es froide. Froide comme moi.
— Non, Galadriel. Non, toi, tu es chaud, brûlant de désir.
Comme cette fleur entre mes seins.
Comme cette fleur entre ses seins, chaude par sa couleur
Rose, aux teintes rouges
Pétales, d’un parfum si rare
A fleur de peau
A même la peau
Je sens son cœur battre
Battre, battre, encore et encore…
Auteur : Galandin
Illustration : BF6X1 de Dark View.