Interview du groupe Lorlanj et de Sandrine Hirson

Illustration : sons et lumières

Interview (04.12.2008) Groupe :Lorlanj (63) / Hugues Perrin

Doté d’une expérience musicale forte, en mélangeant subtilement des influences ethniques avec des éléments typé pop-rock, Lorlanj est un groupe qui inspire la réussite. Leur dernier album intitulé « Le ruisseau » est en effet très prometteur. Nous sommes allé à la rencontre de Jeff Chalaffre pour découvrir l’univers artistique du groupe.

Question N°1

Bonjour Jeff, pourrais tu pour commencer, nous dévoiler des éléments d’informations sur :

A/ Les membres de Lorlanj & leur fonctions dans le groupe (instruments pratiqués, influences et goût musicaux sur un plan très général…)

Lorlanj est constitué de 3 personnes : Christophe (guitare, dilruba, bouzouki, bandurria, laùd, derbouka, tablas), Antoine ( fretless, ) et moi même (chant guitare laùd dilruba bandurria). Nous avons des goûts et des influences aussi diverses que variées.

B/ L’historique du groupe (date de création & circonstance (*),style musical développé, nombre d’album enregistrés jusqu’à présent)

Le groupe existe depuis 2003. Même si dès le début, il y avait une démarche évidente d’intégrer des instruments ethniques, la construction des titres comportait rythmiquement une couleur plus « pop » proche de REM ou Vénus. Nous étions d’ailleurs avec un Batteur ( Le talentueux Martial Semonsut) avec lequel nous avons enregistré un premier album qui est sorti en janvier 2004. Puis Martial nous a quittés car nous avons décidé d’accentuer le coté acoustique mettant plus en avant les instruments ethniques, même si l’idée n’a jamais été de faire de la world music.Un second album a vu le jour en avril 2005 et le troisième est paru en septembre 2008.



(*) Comment vous êtes vous rencontrés, qui est à l’origine de la formation de Lorlanj ?

Je suis à la base de la création du projet Lorlanj que j’ai proposé à Martial avec lequel j’avais collaboré sur divers projets. Puis de façon très démocratique, chacun de nous a choisi un ami musicien. Pour ma part, j’ai contacté Christophe avec qui j’avais joué dans mon premier groupe et Martial a fait de même avec Antoine.


Question N°2

Le mot Lorlanj possède une sonorité assez originale, d’où vient ce nom ?
A-t-il une signification particulière ?

Lorlanj provient d’un village de Haute Loire qui s’écrit « Lorlanges ». Le choix du nom est purement esthétique.




Question N°3

Certains d’entre nous, connaissent le nom de Jeff Chalaffre de part la popularité du groupe wazoo :Comment définirait ton expérience au sein de cette formation ?

C’était un mélange entre musique traditionnelle auvergnate et rock festif. J’avais fait le choix d’utiliser des thèmes très populaires que mon grand-père jouait et qu’il avait entendu de son grand-père… Je trouvais amusant de voir qu’un thème folklorique auvergnat revisité que l’on chantait les soirs pour fêter la fin des vendanges, pouvait avoir le même impact un siècle plus tard sur les fêtards des nuits clermontoises puis ceux de France, de Suisse, de Belgique, du Québec et de Grèce, même si cette démarche a fortement heurté les ayatollah de la musique trad ! 
Nous avions au départ auto produit ce disque qui est par la suite devenu un succès commercial. Ce qui m’a permis de bien saisir tous les méandres de l’industrie musicale, qui à l’époque boitait beaucoup moins qu’aujourd’hui…



En parallèle pourrais tu nous offrir un bref aperçu de ton parcours musical depuis tes premiers pas sur la scène artistique (formation Concours, apprentissage…)

J’ai débuté la musique à l’age de 11 ans, dans une école de musique puis commencé à faire du bal à 15 ans, et formé mon premier groupe avec Christophe à l’age de 18 ans. On reprenait les Clash, Stone, Hendrix, Négresses Vertes…J’ai poursuivi mes études et j’ai obtenu une licence en musicologie et un premier prix de conservatoire en guitare et en harmonie. Parallèlement à cette formation classique, je me suis spécialisé dans l’enregistrement en studio, les arrangements, l’informatique musicale, l’apprentissage du bouzouki, du laùd, et de la mandoline.


- d’où vient ta passion pour la musique en général, en particulier ton intérêt pour la musique traditionnelle, et les musiques anciennes ? (a)
- Je n’ai pas de souvenir précis de l’origine de cette passion, mais cela doit venir de mon grand père qui jouait du banjo mandoline. Par la suite, ce qui m’a plu dans mes études en musicologie, c’était l’analyse de la musique occidentale qui part de la monodie jusqu’aux formes les plus complexes des musiques sérielles. Je me suis rapidement intéressé aux musiques traditionnelles par soif de découvrir de nouveaux instruments à cordes, de nouvelles échelles musicales, et une façon plus libérée d’entrevoir le jeu musical.


- même question (pour Christophe Dumouchel) /des voyages pratiqués à l’étranger sont ils à l’origine de certaines compositions instrumentales atypiques que l’on retrouve dans le dernier album de Lorlanj (je pense notamment aux titres Albatrosa & Kafin) :


Déjà, j’ai débuté la musique à 6 ans. A cet âge, la musique reste une activité et tu n’en vois pas les fondements. Et pourtant, c’est pendant cette période que tu formes ton futur artistique. Il te faut de la patience, des sacrifices et du temps de travail pour mener à bien ton apprentissage. Quand j’étais gamin, je passais mes mercredis et mes samedis en cours de musique ou en répétitions plutôt que de traîner avec les copains à droite ou à gauche. Je me donnais des buts précis d’évolution. C’est un choix dès le plus jeune âge, mais tu en as les bénéfices aujourd’hui. J’aime la musique ! Elle fait partie des fondations de ma jeunesse.J’ai fait énormément de guitare classique. J’ai apprécié la musique baroque et j’ai adoré jouer ce répertoire. Tu restes relativement occidentalisé dans ce registre, c’est pourquoi, j’ai voulu voir ce qu’il se passait ailleurs et comment on concevait la musique. De notre côté on perdait l’aspect rythmique, l’aspect cyclique et minimaliste. En Afrique, tu prends un rythme simple, tu le fais tourner en boucle et tu improvises en laissant tes impressions du moment. En fin de compte, tu changes ta partition à chaque fois et du coup ton répertoire grandit, ta musique s’enrichit et ton morceau s’étoffe. C’est pourquoi, j’aime improviser. Tu te découvres à jouer différemment d’un lieu à un autre. Je crois à l’influence d’un lieu dans le comportement artistique ! J’ai très peu voyager pour l’instant (Europe, Asie). Ca reste pour moi un prochain objectif. J’espère pouvoir partir un jour en Amérique du Sud, rencontrer de nouveaux horizons et de nouveaux instruments… Les 2 titres « Albatrosa » et « Kafin » appuient, je pense, l’aspect coloré de l’album de Lorlanj. Ces instrumentaux apportent des images ethniques et une originalité artistique qui font le liant entre textes et ambiances.




- Depuis tes premiers pas dans la musique en tant que professionnel, quels sont les artistes/et (ou) albums qui t ont le plus marqués ou influencés (tout style confondu) pourrais tu nous citer des exemples précis

Je n’ai jamais vénéré un artiste ou un album particulier, j’ai toujours cherché à découvrir différents univers musicaux, parfois juste pour une phrase mélodique ou une suite harmonique. Ce libertinage musical m’a amené à m’intéresser à la musique classique (Bach, Schumann, Ravel, Meassien…) aux climats musicaux et aux textes des Doors, à l’univers de Brel, à la modalité de Miles Davis, et au patchwork musical de la Mano Negra… La liste pourrait se poursuivre à l’infini…
quel genre de musique écoute tu habituellement (b) : Ca varie aussi énormément et du lieu ou je me trouve… : Titi Robin, Dominique A, Piers Faccini, Yann Tiersen…



(a) même question si possible pour Antoine Saliva & Christophe Dumouchel

Christophe Dumouchel
J’aime particulièrement les B.O. de films : Vangelis, Eric Serra, Howard Shore… Tu ressens la musique vraiment au service de l’image, et du coup tu écoutes autrement des détails, des ambiances…sinon, l’album « between the lines » du groupe Uzeb, un groupe Canadien Jazz/Fusion, m’a fortement inspiré. L’album « Nomad Spirit » d’ Abaji m’a convaincu de ma direction artistique. Ce sont des albums instrumentaux, ils gardent leur fraîcheur, ne s’altèrent pas dans le temps. Sinon, dans un autre registre, j’aime bien l’album « The Bends » de Radiohead, les vieux rocks de Vince Taylor et les délires des Beach Boys.

Quel genre de musique écoute tu habituellement (b) : Les musiques métissées en général : Anouar Brahem, Abaji, John Mc Laughlin, Zakir Hussain…mais attention je suis capable d’aller voir un bon concert de métal également ! Tous les styles te servent à grandir. J’aime les artistes convaincus dans leur univers. Ils sont crédibles même si ça n’est pas ton style musical. Je déteste les musiques Marketing, confinées pour le défouloir people…
Antoine Saliva
C'est difficile pour moi de citer des albums ou des artistes precis car mon parcours est fait de cultures et d'influences tres diverses. Au départ plutot rock et blues avec des influences allant de led zeppelin a stevie wonder ("songs in the key of life" pour n'en citer qu'un ) en passant par pink floyd et david bowie, puis la musique manouche avec django Reinhardt , birelli Lagrene etc... la musique jazz et latine également avec Miles Davis ("kind of blue" toujours un veritable plaisir ) , wes montgomery , Richard Bona , Mario Canonge , chick corea et tant d'autre ... C'est toujours réducteur de n'en citer qu'une partie mais je pense que ceux là sont les plus marquants pour moi .
quel genre de musique écoute tu habituellement (b) : absolument tout ce qui plait à mes oreilles


Question N°4 :


Les textes contenus dans « Le ruisseau » sont très imagés, et font voyager l’auditeur dans un monde bien actuel, mettant en relief nos émotions et nos interrogions à travers des situations particulières, qui flirte volontiers avec la poésie romantique ou le discours engagé, mais non politique.

La plupart des paroles sont signées Patrick Devernoix. Qui est ce compositeur ? Et quel est sa véritable fonction au sein du groupe.
Patrick Devernoix prête sa plume depuis le premier album de Lorlanj. Ses textes ont le ton d’un rêve et on y trouve beaucoup d’allusion à la nature, au silence, aux ombres, à des choses secrètes…


Patrick Devernoix a également réalisé le graphisme du « ruisseau » qui s’adapte merveilleusement bien au contenu musical de l’album. S’occupe t’il d’autres projets artistiques en dehors de Lorlanj ?
Patrick Devernoix est l’auteur compositeur interprète, depuis plus de 15 ans, de divers projets qui ont marqué la musique actuelle auvergnate comme D Tails, Orange, et plus récemment Narcisse. http://narcisse.musik.free.fr/
Il est aussi graphiste, réalisateur (il a réalisé brillamment notre clip AMI) et comédien avec la compagnie Elixir. Un artiste à l’état pur !


Le morceau « l’ami » représente déjà un véritable succès musical. Comment pourrait on définir le message de ce titre qui fait office d’ouverture à votre album.
Ce titre est une ode à l’amitié, un sentiment noble et fédérateur. C’est aussi un jeu de mot sur les 3 lettres du mot AMI, nous sommes 3… Nous entretenons au sein de Lorlanj une belle osmose sonore. L'amitié musicale, c’est la similitude des intentions du jeu.


Le titre « ciel pur » est selon moi chargée de métaphores, de nostalgie et de « sous-entendu »… quel est le sens véritable du texte ? A qui s’adresse t il ?
C’est un poème d’Henry Thomas un écrivain du vingtième siècle. J’ai choisi ce texte car il est moins linéaire, plus abstrait. Il repose sur des images oniriques permettant d’ouvrir l’imaginaire et la curiosité de l’auditeur. L’essentiel est à deviner.



Question N° 5

Quel est enfin ta vision de la musique aujourd’hui en France, et son devenir ?

Je trouve qu il y a une grande diversité musicale en France, même si chaque courant n’est pas vraiment médiatisé comme le métal par exemple. Il n’a jamais été aussi facile de pouvoir enregistrer et diffuser sa musique grâce à internet. Je rêve que la soif de découverte musicale devienne propre au grand public. La seule façon d’y arriver est une réforme complète de l’éducation musicale. La musique devrait être la seconde langue obligatoire.


Est il facile d’en faire sa seule et unique profession (téléchargement sur internet, choix d’une maison de disque, gestion des concerts…)
Depuis 10 ans les conditions de travail pour tous les artistes se sont dégradées, il y a moins de lieux de diffusion, les cachets baissent, la plus part des maisons de disques sont en perdition. Je ne vois aucune amélioration dans le contexte actuel. Les majors doivent donc se préparer à quelques bouleversements, car le temps où l'on construisait des pyramides est terminé.
Le métier d’artiste musicien lui entre en mutation, il faut diversifier ses activités, ses compétences et, comme toujours, travailler énormément.



Votre musique est assez facile d’écoute, mais possède la particularité de mélanger des éléments pop rock avec des sonorités ethniques complexes. Comment s’articule le processus de composition au sein de Lorlanj, qui apporte les idées et qui gère la mise en place des éléments ?.
Je conçois une mélodie, puis je l’harmonise. Ensuite, avec Christophe on décide du choix des instruments en fonction du rythme et des tonalités qui vont colorer la chanson, puis Antoine apporte sa ligne de basse. Si les textes ont une grande importance, on privilégie avant tout la voix, le rapport à l’arrangement, la mélodie. On doit entendre la musique indépendamment de ce que son texte raconte.
Mais nos chansons sont en constante mutation, car nous n’aimons pas les choses figées et elles évoluent sur scène selon le public, le son de la salle, nos envies du moment…

La plupart de vos concerts se passent en Auvergne, mais également dans certaines villes typiques de France, y a-t-il une prestation scénique qui vous a particulièrement marqué ou dont vous êtes particulièrement fier ?
Notre dernier concert à la Coopérative de Mai en septembre 2008 ou nous avons joué avec le quatuor à cordes Arc & Fact. C’était très intéressant de mélanger cette couleur sonore à nos instruments. Et la soirée avec la présence de SAM, Bensé et Christophe ADAM fut une grande réussite.


Question subsidiaire pour Antoine Saliva

Antoine, ton parcours musical s’est je crois développé autour de formations ciblés Rock, Bues et même Jazz à travers toute l’Europe. Comment as-tu rejoins Lorlanj, et qu’apprécie tu dans cette nouvelle orientation musicale qui est colorée d’éléments beaucoup plus « acoustiques » ?
J'ai integré Lorlanj comme il a été dit précédement par le biais de Martial Semonsut, qui est un ami d'enfance avec qui j'ai joué de nombreuses années. Lorsqu'il me l'a proposé j'ai tout naturellement accepté. Au départ de Martial nous nous sommes dirigés, de manière naturelle, vers une formule plus acoustique car cela nous permettait de creer un univers musical plus libre, sans artifices , ainsi de jouer sur des climats et des couleurs plus variées et à titre personnel de trouver un équilibre entre deux identitées fortes et unique que sont Jeff et Christophe. Mais c'est selon moi , avant tout sur scène , que le groupe peut s'exprimer pleinement car le jeux en acoustique nous oblige chaque fois a trouver le bon équilibre , la bonne alchimie , donc d'avoir une interprétation trés différente chaque fois. Ce coté instinctif me plais beaucoup.




Question N° 6 (finale)

Jeff, merci pour cette interview…

Reflets d’Ombres est un fanzine consacré à la littérature gothique, fantastique, à la science fiction, mais également aux légendes médiévales et aux différents mythes qui alimentent nos peurs et les mystères du monde.


Apprécies tu ce genre littéraire, et aurais tu lu des ouvrages qui t’on particulièrement marqué (voir influencé) dans ta vie personnel ou professionnelle ?
Je suis plus attiré par les écrits fantastiques ou les légendes médiévales. Je me suis passionné pour la grande légende du massif central : « La Bête du Gévaudan » de Jean-Marc Moriceau où l’on découvrait finalement la fourberie des hommes face aux loups. Cela m’avait d’ailleurs inspiré une chanson il y a une dizaine d’année.





INTERVIEW Sandrine Hirson 14/12/2008 /Hugues Perrin

Ayant déjà œuvré à plusieurs reprises à l’embellissement des numéros de Reflets d’ombres
Précédent, nous sommes aller à la rencontre de cette artiste peintre passionné nommé Sandrine Hirson, afin de mieux connaître son univers et son travail artistique…


1/Pouvez vous nous parler tout d’abord de votre association Prisme Création. Depuis quand existe-t-elle et dans quel but a-t-elle été créée ?

Prisme Création est l’association artistique la plus ancienne de Saint-Quentin dans l’Aisne (Picardie). Elle a été fondée le 23 juin 1932 sous l’égide de Monsieur Gabriel Girodon (Grand Prix de Rome en 1912 et Directeur de l’école Quentin de la Tour à St Quentin). Cette association se nommait à l’époque « Amicale des Anciens élèves de l’école gratuite de dessin fondée en 1782 par M.Q. De La Tour » et fonctionnait en partenariat avec l’école de dessin créée par le célèbre pastelliste du 18ème Siècle Maurice Quentin de la Tour. Dans son allocution du comité d’initiative, Gabriel Girondon demandait aux assistants de s’unir pour que les aînés suivent et encouragent les jeunes. Parmi les membres fondateurs, on retrouve Messieurs Amédée Ozenfant (Saint-Quentin 1886 – Cannes 1966) et Louis Degallaix (décorateur d’une partie du paquebot Normandie). Des personnalités locales prendront une part active dans le fonctionnement de l’Association comme Mademoiselle Léone Flamant, admise au salon des artistes français en 1953 et Monsieur René Le Clerc, professeur d’Art plastique et Directeur de l’école de dessin.
En 1985 et suite à des discordances avec l’école Quentin de La Tour, l’association prend le nom de « Prisme Création et Rencontre Quentin De La Tour ».
En 1999, j’adhère à cette association et expose pour la première fois au Salon de Printemps. En 2000, je prends le poste de secrétaire puis Présidente en 2001 suite au départ pour une autre région du Président en fonction depuis 25 ans.
En 2002, sous l’initiative du secrétaire de l’association, je crée un atelier d'initiation aux arts plastiques. L'association prend alors le nom de « Prisme Création » et emploie un salarié à temps partiel au poste d’animateur.
Prisme Création à pour objet la pratique de recherches artistiques, l’organisation de manifestations culturelles (en particulier le salon de Printemps) et l’encouragement des jeunes talents.


2/ Quel est votre situation professionnelle actuelle? La peinture pourrait elle devenir un jour votre activité principale ? Quelle place occupe votre passion dans votre vie quotidienne ?

Ma profession n’a rien d’artistique. Je travaille dans un service administratif d’une PME de St Quentin. Mes fonctions et responsabilités sont des sources de stress importantes et me demande beaucoup d’investissements personnels. La peinture est toujours présente dans ma vie car je me nourris de mon quotidien pour peindre. Par contre, j’essaie d’organiser ma vie personnelle de façon à m’octroyer des séances de peintures hebdomadaires dans mon atelier.
La peinture : mon activité principale ? Oui, c’est un rêve mais il y a beaucoup de peintres et peu d’élus qui arrivent à vivre de leur passion. Alors peut être un jour…



3/ Depuis quel âge peignez vous, et d’où vient cette passion pour cet art ? Au fur et à mesure de l’évolution de votre propre parcours artistique, quel sont les artistes contemporains ou peintres des siècles passés qui vous le plus marqués ou inspirés ?

J’ai commencé à peindre à l’huile en 1994 mais j’ai toujours été passionnée par les arts plastiques, la littérature, la musique ou la photographie. Autodidacte, j’acquière les bases de la technique de la peinture à l’huile grâce à des livres de technique puis j’étudie les grands courants de l’art et je m’arrête surtout sur les impressionnistes. Je travaille uniquement dans mon atelier. Je suis au stade de la copie puis de l’interprétation de la nature. La texture de l’huile m’a tout de suite intéressée. A la recherche d’une expression différente, je réussis à me libérer de l’interprétation en cherchant la création.
Couleurs, textures et empâtement vont me permettre d’avoir un langage personnel.
Depuis très longtemps attirée par la couleur bleue, je commence à peindre des toiles de style abstrait en bleue dès 2000. En 2001, je fais ma première exposition personnelle à St Quentin avec la présentation de ma série « Atlantide ». Inspirée par les mondes irréels et fantastiques, la couleur bleue m’a inspiré beaucoup de création à mi chemin entre le réel et l’irréel. Mon parcours est parfois chaotique avec des périodes intenses en création et des périodes de réflexions sur moi-même et même de doutes.

Etudiant les grands courants artistiques, je me suis souvent arrêté sur le travail de beaucoup de peintres soit par leur travail, technique ou par leur vision de l’art. Cette liste serait très longue. Par contre, depuis plusieurs années j’admire et j’étudie beaucoup le travail des peintres suivants :

Nicolas de Staël (né en 1914 à Saint-Pétersbourg et mort en 1955 à Antibes) : Peintre français originaire de Russie dont la méthode le rapproche d'un sculpteur, où même le noir était lumière et la texture unique de ses toiles ont exploré des lignes de force inédites. Regardez « Les mouettes » : cette toile peinte peu avant sa mort, où les oiseaux se détachent en groupe sur un fond variant du blanc au gris, du gris au bleu sombre.

Wojtek Siudmak : artiste d'origine polonaise (né en 1942) établi en France depuis 1966. Il est considéré comme un des principaux représentants du réalisme fantastique. Lui-même se proclame hyperréaliste fantastique en mettant en relief, consciencieusement, son originalité.

Pierre Soulages (né en1919) : spécialiste du noir-lumière ou l’outre-noir
« Je veux que celui qui regarde le tableau soit avec lui, pas avec moi. Je veux qu'il voie ce qu'il y a sur la toile. Rien d'autre. Le noir est formidable pour ça, il reflète. Les mouvements qui comptent ce sont ceux de celui qui regarde. » (Entretien avec Christophe Donner)

Zao Wou-ki (né à Pékin le 1er février 1920) : Il est l’un des plus illustres représentants de l’abstraction lyrique. A travers son œuvre, il réussit la synthèse entre les moyens techniques de son héritage extrême oriental, et l’ambition plastique et poétique de l’abstraction lyrique occidentale.


4/Pour vous la musique et la peinture ont-ils des points communs ? Quel peuvent être les styles musicaux susceptibles de toucher votre sensibilité et votre fibre artistique.

Que l'on danse, fasse de la musique, de la peinture ou de la sculpture, un artiste essaie toujours de retranscrire sa sensibilité et de la transmettre aux autres de la façon la plus pure et la plus sincère. C'est çà être un artiste. C’est être honnête dans son art et transmettre des messages.
J’aime écouter de la musique et mes gouts musicaux sont très écliptiques. Par contre, je n’écoute que très rarement de la musique quand je peins. Ecouter de la musique, c’est ressentir des émotions, vibration qui perturberait mes séances de travail.



5/ votre univers pictural est chargé d’émotion et de fantaisie, le bleu et le rouge sont très souvent présent dans vos œuvres, avec des contrastes vifs, parfois « tourmentés ». Pouvez-vous nous définir votre style, votre univers, vos sources d’inspiration ? Quelles sont les techniques employées dans la conception de vos œuvres ?

Effectivement, à certaines périodes mes toiles ont eu des dominantes de couleurs : bleues entre 2000 et 2002 puis rouge entre 2005 et 2007.
Je peins ce que je ressens. Je ne me répète pas. L’idée surgit, les couleurs éclatent, parfois violentes toujours vives. C’est comme une vérité, une évidence que je mets sur la toile. Mes inspirations : la vie, les émotions, les ressentis ou les colères… Je pense qu’un peintre (et peut être les artistes en général) sont des personnes qui ressentent les choses plus fortement, qui regardent le monde différemment et quelque fois en tant que spectateur pour se nourrir d’images. J’aime le cinéma fantastique et les images qui s’y rapportent. Ma vie est ma source d’inspiration, je n’ai ni besoin de modèle ni d’alternative pour créer. Alors parfois, la toile parle et je considère que je peux la montrer et à d’autres moments l’alchimie ne fonctionne pas et je la détruis. Un tableau, c’est un texte mis en couleur.

Côté technique, j’utilise des toiles déjà apprêté ou que je tends moi-même sur un châssis et des tubes de peintures à l’huile, quelques pinceaux mais surtout un couteau. En guise de palette, je prends ce qui me tombe sous la main et j’installe la toile à même le sol pour travailler. Je redresse régulièrement la toile pour prendre du recul mais je n’utilise que très rarement un chevalet. La toile se construit au fur et à mesure. Quelques fois je travaille sur 2 ou 3 toiles à la fois ; la durée de séchage étant assez lente. Je choisis une série de couleur, en général, 2 bleus, 3 rouges, 2 ou 3 jaunes, 1 gris de Payne, 1 terre d’ombre naturelle et du blanc. Ensuite, je commence mes mélanges puis j’applique mes couleurs biens souvent au hasard. Ensuite, arrive des images, des impressions et l’alchimie se fait ou ne se fait pas. De ces séances naitrons quelques fois des toiles ou rien.


6/ quelle est l’actualité artistique de Sandrine Pawlik (exposition, projet …)? Vos peintures sont signées Sandrine Hirson, pourquoi ce choix ?

J’ai des expositions en projets pour 2009 : exposition personnelle à St Quentin (02), Wasquehal (59) et à Bruxelles. De plus, je commence à préparer le salon de printemps de Prisme Création qui aura lieu du 11 au 19 Avril 2009. Je suis toujours à la recherche de nouveaux talents car j’aime innover tous les ans. Notre salon est le seul à St Quentin, où l’art abstrait a une certaine importance car nous aimons mélanger les différents types d’expression.


7/ Reflets d’ombres est un fanzine consacré à la littérature gothique et fantastique, aux légendes médiévales, et aux mystères qui orchestrent notre monde. Etes vous sensible à ce genre de littérature, quel est le dernier livre que vous avez lu (tout genre confondu) ?

Je lis beaucoup enfin j’essaie et mes goûts sont variés. Je lis aussi bien des romans d’auteurs d’actualité comme Guillaume Musso, Marc Lévy, Eric Emmanuel Schmitt, Amélie Nothomb ou Dan Brown que des biographies de peintres. Actuellement, je lis « L'élan dans le défi » (mémoires de Jean Miotte peintre français né en 1926 plus reconnu à New York qu’en France). Dans mes dernières lectures, j’ai apprécié « Ange de Démon » (Dan Brown), « Parce que je t’aime » de Guillaume Musso, « La prochaine fois » de Marc Lévy et « Si j’étais une œuvre d’art » d’Eric Emmanuel Schmitt. Dans mes lectures, j’aime quand il y a une partie de mystère fleurtant avec un au-delà ou avec une main qui dirige le destin.

Auteur : Vladheim (Hugues Perrin)

Illustration : sons et lumières de Vladheim (Hugues Perrin).

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