La renaissance du monde

Illustration : Existentia Enigma

Les vents s'étaient éteints, et l'Astre disparu,
On entendait au loin les rêves de la Dame
S'égarer un à un sous les cris du tonnerre.
Les rivières fuyaient de l'horizon cuivré,
Courant dans les sous-bois, y cherchant un refuge.
Les êtres de lumière égarés et inquiets
Regardaient le couchant et les plaies de la foudre
Teindre d'un rouge sang les flancs du mont ISàar
Et les cris de la Dame s'évanouir peu à peu.
Le vent s'était éteint et des sols viciés,
Craquelés, asséchés, landes empoisonnées
S'élevaient à présent des vapeurs de soufre
Peignant l'air alentour de relents putréfiés.
La Dame retenait entre ses lèvres blanches
Un ultime soupir, un pieux gémissement.
La sombre éternité de mille automnes passa.
Quand le dernier oiseau, mille ans après cela
Vint mourir auprès d'elle, serré contre sa joue,
Le soupir s'échappa et il devint tempête
Réveillant un à un les rêves de la Dame,
Rendant les flots aux lits asséchés et avides,
Colorant de verdure les plaines et forêts.
Les glaces d'Aerys revenues à la vie
Par ce souffle caché, ce salut inouï
Réveillèrent la Dame qui se redressa,
Pleurant à froides larmes sur les sols rajeunis.
De chacune naquit un enfant d'Aerys
Et portées par le vent elles donnèrent vie
Aux Elfes des forets, aux Elfes des falaises,

A mille autres enfants au destin réfléchi
Et gravement mûri pendant mille printemps
Passés entre les lèvres de la Dame endormie.
Les vents s'étaient éteints, et l'Astre disparu.
Les Vents et l'Astre de la Dame d'Aerys
Sont ici aujourd'hui scelles d'éternité.

Auteur : Isobel d'Aerys

Illustration : Existentia Enigma de Vladheim (Hugues Perrin).

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