Le ruisseau rouge entre deux jambes tremblantes
Réminiscence guerrière : on croirait deux tours assiégées et vacillantes
Est-ce le premier ? Sang de l’adoubement
Est-ce le deuxième ? Sang de maturité
Est-ce le dernier ? Sang de la finitude
Goûte donc et dis-moi : quelle saveur pour cette sève ?
Souillure constructive ou pourriture destructive
Regarde la fumée.
Elle est le résidu fuyant de mes amours décomposées
Linceul évanescent pour la ville incendiée
Atmosphère apocalyptique.
La démence latente sous peu frappera.
Les âmes s’évaporent – happées – dans le néant
Métempsycoses inachevées
Les murs lézardés sont une peau ridée
Les toits effondrés sont un tas d’ossements
Bientôt, la mousse les rongera : robe de misère
Le sang s’écoulera
De la putréfaction jailliront les vies minuscules
Arche de Noé
Fin d’un cycle.
Errance végétale
Le nénuphar ou la jusquiame ?
Qui poussera sur la tache purpurine, à l’endroit précis du saignement incompris ?
M’est avis que je suis une fleur des décombres, à l’habit rayé, parure mystérieuse.
Je croîtrai sur la mort, par la mort, dans la mort.
Fécondité paradoxale
Beauté éphémère.
Par moi nul espoir, nulle sublimation
Juste l’esthétique dans la ruine
Ultime naturalisme.
Auteur : Arianne de Blenniac