Ruine

Le ruisseau rouge entre deux jambes tremblantes

Réminiscence guerrière : on croirait deux tours assiégées et vacillantes

Est-ce le premier ? Sang de l’adoubement
Est-ce le deuxième ? Sang de maturité
Est-ce le dernier ? Sang de la finitude

Goûte donc et dis-moi : quelle saveur pour cette sève ?
Souillure constructive ou pourriture destructive

Regarde la fumée.
Elle est le résidu fuyant de mes amours décomposées
Linceul évanescent pour la ville incendiée

Atmosphère apocalyptique.
La démence latente sous peu frappera.
Les âmes s’évaporent – happées – dans le néant
Métempsycoses inachevées

Les murs lézardés sont une peau ridée
Les toits effondrés sont un tas d’ossements
Bientôt, la mousse les rongera : robe de misère
Le sang s’écoulera
De la putréfaction jailliront les vies minuscules
Arche de Noé

Fin d’un cycle.

Errance végétale
Le nénuphar ou la jusquiame ?
Qui poussera sur la tache purpurine, à l’endroit précis du saignement incompris ?

M’est avis que je suis une fleur des décombres, à l’habit rayé, parure mystérieuse.
Je croîtrai sur la mort, par la mort, dans la mort.
Fécondité paradoxale
Beauté éphémère.

Par moi nul espoir, nulle sublimation
Juste l’esthétique dans la ruine
Ultime naturalisme.

Auteur : Arianne de Blenniac

Retour au sommaire du Reflets d'Ombres n°17.


Ce site dans sa conception est libre selon les termes de la Licence Art Libre. Sauf si cela est mentionné, ceci ne concerne pas son contenu (textes et images) et vous n'êtes pas autorisé à les utiliser sans accord de leurs auteurs respectifs.

Ce site est déclaré à la C.N.I.L. sous le N°1135343.